La fois où je me suis retrouvée enfermée dans une banque (si si c’est vrai !)

Vu qu’il ne m’est rien arrivé de trépidant aujourd’hui (enfin si je suis quand même allée faire un tour chez ma copine Lucie !) et que nous ne fêtons pas la Saint Valentin *, je vais vous raconter une des anecdotes rigolotes (mais qui ne l’était pas du tout sur le moment) de ma vie.

Je devais avoir à peu près 19 ans. C’était un été où mon travail saisonnier consistait à « nettoyer, balayer, astiquer » (à lire façon Maldon de Zouk Machine) bref j’étais femme de ménage. J’avais dans mon planning l’entretien de la banque des riches (celle-là même qui quelques années plus tard refuserait de nous faire un prêt sous prétexte que Sam Chéri était intérimaire). Nous y voilà :

Comme tous les soirs, je suis montée m’occuper des bureaux de l’étage. Alors que j’étais affairée à récurer les toilettes où bon nombre de fesses inconnues s’étaient posées (quel merveilleux souvenir hum !), deux jeunes employés de la société qui s’apprêtaient à partir m’ont hélée « Vous avez vos clefs Mademoiselle ? » « Oui oui ! » ai-je hurlé entre deux coups de brosse. Sauf que ce que j’ignorais au moment où j’acquiesçais c’est qu’eux et moi ne parlions pas des mêmes clefs ! Je finis donc ma besogne et me prépare à redescendre. Et là, c’est le drame !!! Je suis enfermée à  l’étage de la banque. Un premier sentiment m’envahit : la panique (Vais-je devoir sauter ? Reverrais-je un jour ma famille ? Que va dire ma patronne ? – parce que dans toute circonstance je reste une employée consciencieuse…). Puis très vite un second m’assaille : la colère (après moi-même et après ces deux abrutis qui ont oublié de me préciser de quelles clefs ils parlaient !). Et enfin surgit la honte : pourvu qu’il n’y ait aucune caméra cachée ! Il faut que je me ressaisisse, c’est urgent ! Alors là j’avoue j’ai eu envie d’appeler Môman au secours (au propre comme au figuré). Vite un téléphone ! (Parce qu’a l’époque tout le monde n’avait pas de portable -là d’un coup j’ai l’impression d’être une femme de Néandertal en disant ça !) Je mets plus d’une demi-heure à parvenir à joindre l’extérieur (ben oui il y avait un code à faire) et là j’entends ma petite soeur de 9 ans me répondre « Maman est chez les voisins. » Décidément le sort s’acharne. Je prends mon mal en patience et je rappelle vingt bonnes minutes après. Pendant ce temps là l’heure tourne, j’angoisse de plus en plus, je pense à la banque suivante que je dois nettoyer et dont l’alarme se déclenche à heure précise (donc formelle interdiction d’arriver en retard) -quand je vous dis que je suis une employée modèle ! Je me demande comment je vais expliquer ma bêtise, j’ai envie de pleurer. « Allo ma puce qu’est-ce qui t’arrive ? » « Maman c’est affreux je suis enfermée ! Il y a bien un escalier de service mais il donne sur une porte verrouillée, je vois un rai de lumière mais je ne sais pas où elle atterrit. » Après quelques secondes d’hésitation, Môman ne voit qu’une seule issue : « Je vais appeler la gendarmerie » « Oh non Maman ne fait pas ça (trop la honte) ! Force la banque, fais ce que tu veux mais pas la gendarmerie ! » dis-je entre deux sanglots (parce que là oui à ce moment j’ai craqué). « Sois raisonnable, il n’y a pas 36 solutions ! (Elle est bizarre cette expression, pourquoi 36 ?) Va surveiller la porte verouillée, j’arrive ! » Je file au rez-de-chaussée et guette la venue de ma sauveuse. Je suis donc à plat ventre pour tenter d’entrevoir des chaussures amies passer devant cette maudite porte. Avec le recul, je me dis que Môman de son côté ne devait pas non plus être euphorique ne sachant pas où me retrouver (la porte étant une porte de service à l’arrière de la banque). Son calvaire a d’autant plus duré qu’une fois qu’elle a mis la main dessus elle a dû lui faire la conversation (à la porte, enfin à moi mais les gens de l’extérieur ignoraient que j’étais derrière) en attendant l’arrivée des hommes en bleu. Quand les chaussures de Môman s’arrêtent enfin sur le pas de la porte  je me relève (je vous rappelle que j’étais à plat ventre pour ne pas les rater), et là l’impensable se produit : l’arrière de mon pantalon produit un bruit effroyable ! Non mais là c’est pas possible ce n’est plus de la malchance c’est la scoumoune totale ! C’est le moment qu’ils choisissent pour débarquer « Gendarmerie Nationale, expliquez-nous clairement la situation Mademoiselle ». Ils ne comprennent pas comment ce qui m’arrive est possible ! « Et bien nous allons appeler la responsable de l’agence pour vous délivrer. » Cette femme qui ne daigne jamais me saluer et me jette un coup d’oeil hautain en jetant sa boulette de papier à côté de la poubelle ? Super il ne manquait plus qu’elle à ma petite fête ! « Elle habite à une vingtaine de kilomètres, il va falloir patienter ma petite Dame ! » Quand elle arrive, elle ouvre la porte (Alleluia !), me contemple de la tête au pied, hausse les épaules, secoue la tête, monte au premier et… sort un trousseau de clefs d’une plante artificielle pour l’agiter devant mon nez. La terre s’écroule sous mes pieds, j’ai envie de me jeter sur elle et de la rouer de coups mais au lieu de ça je lance un timide « Merci Madame et excusez-moi encore du dérangement. » (En même temps je suis omnibulée par mon pantalon déchiré et la crainte qu’on voit ma petite culotte.) Mon calvaire se termine, il me reste une demi-heure avant le déclenchement de l’alarme de la Caisse d’Epargne. Pour minimiser les dégâts de cette soirée (professionnellement parlant), je passe vider les poubelles et remettre un peu d’ordre (c’est beau cette dévotion à mon emploi !).

Le lendemain je retourne à la banque maudite. J’embauche avant la fermeture de l’agence, je subis donc tous les regards courroucés et moqueurs des employés. J’aimerais être transparente. Quand je monte, tout le monde est parti (j’ai traîné exprès dans les vestiaires du bas j’avoue). Sur une chaise bien en vue m’attend un petit bouquet de jonquilles accompagné d’un mot d’excuses de la part des jeunes hommes qui m’ont enfermée. Ca me réconforte.

Tirelire

Voilà, maintenant je me dis que finalement un moment fort désagréable peut se transformer en « J’vous ai pas raconté ?! » (même s’il doit s’écouler un peu de temps avant que je rie avec les autres de ma mésaventure) !

* A ce sujet j’ai beaucoup aimé l’article de Maman est en haut sur sa Saint Félix.

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2 réflexions sur “La fois où je me suis retrouvée enfermée dans une banque (si si c’est vrai !)

  1. Pingback: Ca y est je parle allemand ! | Papa bricole et Maman blogue

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