Pourquoi les tontons ne restent-ils jamais tout seuls

Fleurs bleues

Sam Chéri a une grande sœur, un grand frère et deux petits frères. Les petits derniers ont 23 et 25 ans, ils sont trisomiques.
Après la naissance de l’aîné (qu’on appellera Mr X), mes beaux-parents ont adopté le second (Mr R) parce que ses géniteurs l’avaient abandonné.

Je me souviens, lorsque j’avais une vingtaine d’années, je pensais que, maman, je serais capable de tout surmonter. Je me disais que si lors d’une échographie on détectait une anomalie, je garderais forcément mon enfant. Je supporterais le handicap.
Et puis, en faisant ma vie avec Sam Chéri, j’ai touché du doigt ce handicap. J’ai vu, j’ai compris.
J’aime beaucoup mes beaux-frères, ils sont très attachants. Ils ont des caractères différents et je me suis un peu plus liée à l’un d’eux. Ils travaillent en ESAT et n’ont pas le plus lourd des handicaps. Et pourtant…

J’ai honte de le dire mais aujourd’hui je crois que devant ce choix je ne garderais pas un enfant handicapé. Je sais maintenant que je n’ai pas la force de caractère nécessaire à ça. Je n’ai pas la douceur, pas la patience. J’admire le geste de mes beaux-parents et je suis contente de connaître Mr R mais, à leur place, je n’aurais pas su, je n’aurais pas été capable. Quand je suis tombée enceinte pour la première fois, nous en avons longuement discuté tous les deux et nous étions d’accord. Une interruption médicale de grossesse doit être l’une des décisions les plus dures à prendre au monde mais nous savions que c’est ce que nous déciderions si on nous annonçait un avenir incertain pour notre bébé.
Nous avons eu la chance que tout se passe bien.
Evidemment, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve et nous ne sommes pas à l’abri des problèmes. Mais si demain on diagnostiquait une pathologie chez l’un de nos enfants, nous ferions face. Nous les aimons tellement que nous serions obligés de surmonter cette épreuve. Tout est différent, ils sont déjà là.

Je ne peux pas jeter la pierre aux parents de Sam Chéri parce qu’ils font leur possible et que ça n’est pas toujours facile, mais Mr X et Mr R manquent cruellement d’autonomie. Je m’inquiète beaucoup pour leur avenir. Que se passera-t-il le jour où mes beaux-parents ne pourront plus s’occuper d’eux ? Je me dis aussi qu’il faudra qu’on s’organise, qu’on leur fasse une plus grande place dans nos vies.

Il y a quelques jours seulement, Zoé m’a demandé pourquoi ses tontons ne restaient jamais tous seuls chez eux. J’ai alors compris qu’elle n’avait pas vu la différence. Si seulement j’avais gardé mon regard d’enfant moi aussi…

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8 réflexions sur “Pourquoi les tontons ne restent-ils jamais tout seuls

  1. J’ai un cousin trisomique et je n’aurais jamais avorté sauf pour ce cas de figure. Car il ne sait pas parler et n’a aucune autonomie, je ne me vois pas garder un enfant qui ne pourrait pas avoir une vie normale et qui serait un poids pour ses frères et soeurs le jour où je ne serai plus. C’est vrai qu’il y a différents degrés dans la trisomie et on voit souvent à la télé ceux qui s’en sortent le mieux mais je ne préfère pas courir le risque.

  2. intéressant ton article. Je travaille dans le handicap et effectivement le vieillissement des parents est un soucis qui est souvent pas assez préparé en amont: les parents gardent leurs enfants jusqu’au bout et ne les habituent pas à l’internat même pendant des petits temps. J’espère que tes beaux-parents ont déjà pensé à proposer aux « tontons » des petits séjours et/ou temps en internat.

    • Non je crois que c’est trop dur pour eux. Ils veulent garder les garçons le plus longtemps possible avec eux mais oublient que ça sera d’autant plus difficile le jour où il faudra envisager la solution du foyer…

  3. C’est une décision très dure à prendre dans ce genre de cas.
    Ce qui me ferait pencher vers l’interruption de la grossesse, c’est bien le problème que tu évoque. J’ai un enfant handicapé, certes, déjà, suis-je capable de m’en occuper correctement ? Je pense que lorsque c’est son enfant, oui.
    Mais après ? Une fois que l’on est plus là pour eux, que deviennent-ils ?
    Tes beaux-parents ont beaucoup de courage ! Ils peuvent être fiers d’eux !

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