Bits + pieces # 2

Sur une idée de Miss James, relayée par Marjoliemaman.

CaseAwalé

Kermesse 2

Kermesse 1

Un bébé heureux de se promener

Le château de Barbe-Bleue

Scoubidou

1. et 2. Les filles travaillent sur l’Afrique à l’école : Zoé a fait une case et Emma un awalé.
3. et 4. Kermesse.

5. Un Nino heureux de se promener.
6. Château de Barbe-Bleue.
7. Apprentissage du scoubidou.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Alfred mon bel Alfred…

J’ai une relation ambigüe avec Alfred.
Nous nous croisons tous les matins, il me regarde une dernière fois avant de me coucher, je l’aperçois dans la journée. On se parle peu mais je ne pourrais pas vivre sans lui.
Alfred n’est pas très sympa. Ce que je vois en lui ne me plaît pas. Alfred a le don de me rappeler ce que je n’aime pas en moi.
Quelquefois, Alfred est mesquin, il me lance : « Et ben, tu dois en avoir des soucis ! ». Alors je lui demande pourquoi il dit ça et il me répond dans un éclat de rire sardonique : « Tu as vu le nombre de cheveux blancs que tu as ! Tu es fâchée avec ta coiffeuse ou quoi ? ». 
Parfois Alfred a pitié de moi et ne veut pas que je sois ridicule. Alors il me susurre : « Tu as un morceau de salade entre les dents » (je vous vends du rêve là !).
Alfred est malhonnête. Il me fait croire que je ne porte pas de lunettes.
De temps en temps, Alfred me rend service. Il m’aide à m’épiler les sourcils (sans lui je ressemblerais sans doute à Emmanuel Chain).
L’autre jour Alfred m’a trahie : il m’avait dit que je m’étais maquillée léger et quand je me suis vue en photo je n’ai pas trouvé.
Alfred habite dans ma salle de bain, il trône au-dessus de mon lavabo. Des fois je lui fais des grimaces pour lui montrer mes rides et on rigole tous les deux.
En fait Alfred et moi c’est un peu comme Marc Lavoine et Catherine Ringer.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Nos enfants, juin 2013 (sur une idée de Marjoliemaman)

Zoé

Barrettes

barrettes ou l’art de retenir une frange trop longue

  • a officiellement commencé à faire pousser sa frange (stade ingrat en perspective).
  • lit avec de plus en plus d’aisance.
  • rêve désormais d’aller en Afrique (en plus de l’Australie).
  • veut apprendre à faire ses lacets pendant l’été.
  • commence à prendre un peu d’assurance sur les jeux pour enfants (nous sommes encore très loin d’avoir une casse-cou).
  • a remporté sa première médaille à une compétition de gym (oui d’accord tout le monde en a eu une mais je suis quand même ultra fière d’elle !).
  • adore chanter La jument de Michao.
  • passe en CP et dresse comme bilan de son année de grande section : « J’ai bien travaillé ! ».
  • voudrait manger à la cantine tous les jours (ingrate va !).
  • a prévu inviter des copines tous les jours des grandes vacances (euh… comment dire…). 

Emma

Diamant

diamant aux reflets irisés

  • s’est acheté des boucles d’oreilles avec « les sous que Grand-Mamie lui a donnés pour [s]on anniversaire ». Elle a choisi les plus brillantes du magasin (ma fille cette bling-bling).
  • est une élève parfaite (d’après l’entretien que nous avons eu avec sa maîtresse). Toujours volontaire et positive (moi aussi j’aimerais bien la connaître cette enfant).
  • trouve souvent qu’ « il fait trop noir pour dormir ».
  • ne veut pas aller à la kermesse mais a répété sa chorégraphie hier soir.
  • connaît la recette de la tarte à la tomate par cœur.
  • a décidé qu’elle voulait faire de la gym à la rentrée et, une fois l’inscription validée (donc le chèque de cotisation fait), a décidé qu’en fait non elle n’en avait plus envie.
  • aime danser avec moi (ça en fait au moins une !).
  • a décrété qu’elle ne voulait pas grandir et par conséquent qu’elle refusait de passer en moyenne section.
  • voudrait ne jamais manger à la cantine (mais est rarement satisfaite du menu de la maison).
  • semble s’être fait une « vraie » copine d’école.

Nino

Petit grimpeur

petit grimpeur

  • grimpe sur tout ce qu’il trouve (tabourets ou jeux même combat !).
  • a ajouté un troisième mot à son vocabulaire (après « papa » et « maman ») : « caté » (qui signifie « caché »).
  • accepte maintenant de dormir ailleurs que chez lui.
  • est un as du ménage : le balai, l’aspirateur et le fer à repasser n’ont aucun secret pour lui !
  • adore jouer au ballon (boy attitude). 
  • commence à faire de vraies colères lorsqu’il est contrarié.
  • danse quand je mets de la musique.
  • a passé son premier coup de téléphone : il a appelé son père pendant que j’avais le dos tourné (heureusement que le dernier numéro composé n’était pas celui des pompiers !)
  • fait toujours la grève de la cuillère : pas question de se nourrir seul tant que Maman peut le faire !
  • s’est trouvé un compagnon de jeu en la personne du chat – qui, sur ce coup là, est plutôt bonne « patte » (hé hé).

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ma fille ou l’histoire de cette patiente qui n’aimait pas les médecins (épisode 1)

Il était Dolipraneune fois une adorable fillette prénommée Zoé qui devenait une bête sauvage lorsqu’on l’emmenait chez le médecin.
Ca n’avait pas toujours été le cas. Lorsqu’elle était toute bébé, Zoé faisait partie de ceux qui ne bougent pas, qui se laissent docilement faire et qui ne poussent même pas un cri lors des vaccins.

Le docteur JESUISTRESGENTILMAISUNPEUETOURDI ne la voyait pas souvent. Il faut dire qu’elle n’était jamais malade… Mais lorsqu’il la rencontrait, il la trouvait charmante.
Un jour, alors qu’elle était en petite section, une infirmière scolaire émit un doute quant à la bonne vision de l’enfant. Sa maman (moi donc) prit immédiatement rendez-vous avec un ophtalmologue. Elles furent reçues par Mr JEDETESTELESENFANTS, un homme froid et pressé. Trente secondes après leur entrée dans son bureau, sans aucune explication ni précaution, l’homme brandit un gigantesque appareil au visage de Zoé. La petite fille, âgée de 3 ans, prit peur et enfouit sa tête dans son doudou. L’affreux spécialiste, d’un geste violent, arracha la peluche des mains de l’enfant qui se mit aussitôt à pleurer. L’horrible Mr JEDETESTELESENFANTS entra dans une colère noire. La mère intervint, expliquant au bonhomme qu’en s’y prenant ainsi, la suite des événements risquait d’être difficile. Elle prit alors une leçon d’éducation, l’autre lui hurlant qu’« évidemment, si on laisse tout faire aux enfants… blablabla blablabla… ». La jeune femme (dont c’était l’anniversaire ce jour là *) décida de prendre sa fille sous le bras et de quitter les lieux sans plus attendre.
Mais c’était trop tard, le mal était fait : Mr JEDETESTELESENFANTS avait dégoûté Zoé des médecins. Ce jour là sonnerait le début d’une nouvelle ère, même le docteur JESUISTRESGENTILMAISUNPEUETOURDI deviendrait un ennemi à ses yeux !

Dans le prochain épisode : « une visite au cabinet médical ou mon pire cauchemar »…

* Ce détail a son importance parce qu’en plus d’avoir traumatisé ma fille, cet homme là m’a pourri le jour de mes 30 ans !

Rendez-vous sur Hellocoton !

C’est quoi une vraie fille ?

Je ne suis pas un garçon manqué. Je ne suis pas une femme fatale non plus.

J’ai longtemps eu une haine féroce pour le rose mais il fait son entrée par petites touches dans ma vie et je ne trouve pas ça désagréable.
Mon rituel beauté du matin consiste uniquement à me mettre de la crème hydratante sur le visage mais j’aime quand même prendre soin de moi.

Je ne me maquille jamais mais j’ai du mascara, quelques fards et du khôl dans une petite trousse.

Je ne mets jamais de chaussures à talons mais j’adore regarder les escarpins fantaisies.
Je manie la brosse métallique beaucoup mieux que la brosse à cheveux.
Je passe ma vie en pantalon.
J’ai peur des araignées.
Je ne rêve pas de me marier en robe blanche mais je veux être belle quand même (si toutefois nous nous marions un jour).
Je n’ai d’autre mode que la mienne.
Je ne lis pas de magazines féminins mais il m’arrive de scotcher devant « Nouveau look pour une nouvelle vie ».
Je n’envie pas Kate Middleton parce que moi aussi j’ai trouvé mon prince charmant (en plus il n’a pas de calvitie lui !).
Je déteste ce qui brille.
J’aime les imprimés fleuris.
Je ne veux pas de diamants.
Je vénère les colliers colorés.

Je n’incarne sans doute pas la féminité telle que beaucoup l’entendent mais je crois bien que je suis une vraie fille quand même !

Chaussures de princesse

Rendez-vous sur Hellocoton !

16 ans plus tard

Depuis quelques temps, circule sur le net une « lettre à mes 16 ans ».

Apparemment, c’est la défraîchie qui a commencé (et je l’en remercie parce que je trouve l’idée super sympa). J’en ai lu d’autres chez Cécile, chez Ginie, chez Emma… et à mon tour j’ai eu envie de m’y mettre !

 » Chère moi-même,

en t’écrivant je réalise tu n’en es qu’à la moitié de ma vie et ça me fait bizarre (un jour tu te diras qu’à 32 ans on est encore super jeune. Ne prends pas cet air dépité !!!).
Tu viens d’entrer en seconde et tu trouves que ta vie s’améliore.
L’internat a considérablement changé tes rapports avec tes parents ! Ca n’est pas encore idyllique mais tu verras : plus tu avanceras dans la vie et moins vous vous fâcherez.
Depuis quelques mois tu sors avec G. C’est un gentil garçon mais si tu ne mettais pas sept ans avant d’admettre qu’il n’est pas fait pour toi, on gagnerait du temps. Enfin c’est toi qui vois ! Quant à la parenthèse que tu vas t’accorder en terminale, évite de te lancer dans une histoire avec un camarade de classe : ça ne va pas durer et tu vas sérieusement morfler !
Là je sens que tu paniques à l’idée de rater toute ta vie sentimentale alors je vais te rassurer. L’homme de ta vie tu vas le trouver ! En fait tu le connais déjà mais si je te dis qui c’est tu vas pouffer de rire ou m’envoyer bouler (et après tu ne voudras pas lire la suite alors je ne te dévoile pas son nom). Je te dis juste qu’un jour tu vas te rendre compte que c’est ton âme sœur (je sais tu n’y crois pas trop, mais je t’assure que si !), il va te rendre très heureuse et même que vous aurez des enfants ensemble (je ne te dis pas combien, il faut bien que je laisse un peu de suspens).
Pour les études, je n’ai pas de conseil à te donner parce qu’en ce moment c’est un peu le flou dans ma vie. Mais ne t’angoisse pas trop, je suis sûre que ça va s’arranger un jour ou l’autre (enfin j’espère !).
Tu passes tes week-ends avec les amis de G. et pour l’instant ce ne sont pas vraiment les tiens. Aujourd’hui tu n’imagines pas ta vie sans eux. Tu t’es trouvée une seconde famille !
Voilà, je voulais juste te dire ne pas trop t’en faire. Tu vas vivre des trucs sympas, d’autres moins mais au final, en 2013, tu nages dans le bonheur et c’est ça qui compte.

Prends soin de toi et essaye d’être moins colérique !

marie

ps : T’inquiète pas, tu finiras par l’avoir ton piercing au nez !
re-ps : Profite des gens que tu aimes tant qu’ils sont là. « 

* J’aurais aimé vous montrer la délicieuse jeune fille que j’étais à 16 ans, mais à l’époque je ne me laissais pas beaucoup prendre en photo (rebelle attitude). Alors, pour vous consoler, je vous offre l’occasion de vous déhancher avec la très raffinée Mia Frye comme à la belle époque.


Rendez-vous sur Hellocoton !

Du dépassement de soi

Le 25 mai dernier, mon amie Emilie a enterré sa vie de jeune fille.

C’était une chouette fête en perspective mais je m’en suis rendue malade toute la semaine précédente.
Il y avait un petit peu le fait de laisser les enfants deux jours chez mes parents, les filles ça va mais j’ai encore un peu de mal à laisser mon bébé (comment ça « il a déjà 14 mois » ?!). En plus je savais que 15 jours plus tard (pour le mariage) il faudrait réitérer la chose et ça me laissait perplexe . Et me voilà en pleine schizophrénie maternelle tiraillée entre cette envie folle de m’éclater jusqu’à en oublier mes trois accouchements et la déchirure d’abandonner mes bambins.

Passé ces considérations parentales, c’est la peur qui m’a hantée. La peur de quoi ? Si vous voulez le savoir, lisez la suite (ça c’est du teaser ! Je pense que je vais bientôt postuler chez M6…) !

Lorsque famille et copains s’étaient réunis pour préparer dignement l’événement, la sœur de mon amie nous avait alors confié qu’Emilie « voulait quelque chose qui bouge, pas un truc pépère« . Quel ne fut pas mon soulagement quand l’idée de devoir se mettre en maillot de bain fut écartée (adieu sauna, hammam et tous les autres plans que je redoutais) ! Ce soulagement fut hélas de courte durée quand j’entendis : « Ce qui lui plairait vraiment ça serait de faire de l’accrobranche ! » D’emblée, alors que je restais muette, plusieurs voix s’élevèrent pour scander négativement. « Je ne me vois pas du tout faire ça ! » « J’ai le vertige. » « Je ne pourrai pas, j’attends un bébé ! »  « Zut zut et re-zut » pensais-je en me disant que moi qui avais quand même porté trois enfants en quatre ans et demi, je n’étais, pour une fois, pas enceinte. « Pppfff… c’est bien veine ! » pestai-je mentalement. Mais finalement, ce qui m’importait sur le moment c’était de trouver une activité sympa et sûre de plaire à la future épouse. Alors, prenant mon rôle de témoin très à cœur, je me décidai à positiver et j’essayai de convaincre toute l’assemblée qu’il fallait passer au-delà de nos réticences pour faire plaisir à notre amie.

Les mois passèrent et plus la date fatidique approchait, plus la panique m’envahissait à la pensée de jouer la Jane dans les arbres.
Les cours d’escalade du lycée me revenaient douloureusement en mémoire ; je revoyais mon affreuse prof dans son affreux jogging (oui tout était affreux chez elle : sa voiture, ses cheveux, son fils, son nom de famille mais surtout son mari – prof de sport lui aussi – qui me semblait être un affreux pervers) qui me hurlait que « Non le vertige n’existe pas » et qu’il fallait que je « bouge [m]es fesses pour monter plus haut qu’à 1,50 mètre du sol« .
Les dernières nuits avant le jour J ont été peuplées de cauchemars où le décor se transformait en jeu de plateau et où je devenais Super Mario. Et vous savez quoi ? Ben j’ai toujours été nulle en jeu vidéo et j’ai toujours détesté les sauts où j’imaginais le héros s’aplatir comme une vieille crêpe si j’échouais (ce qui arrivait au moins 4 fois sur 5). Il faut peut-être que je vous rappelle qu’en plus d’avoir le vertige (monter sur une échelle est pour moi une réussite, en redescendre devient carrément un exploit !), je suis l’antithèse du sport.
Bref, ça me faisait de la peine de le constater, mais je partais à reculons en week-end. Je me mettais une énorme pression en me disant qu’il fallait que j’y arrive pour Emilie et qu’en plus de ça si je restais coincée à la cime d’un pin ça serait trop la loose !

Mais, comme on ne peut arrêter l’aiguille du temps, le 25 mai arriva et je dus faire face à mon destin (j’essaye d’insuffler une dimension dramatique à mon récit, ça marche ?).
Dans quelques instants, vous saurez si j’ai réussi ou non à dompter ma peur. Ai-je oublié de fermer mon mousqueton ? A-t-on dû m’évacuer en urgence à la suite d’un malaise ? (je tease, je tease…)

Allez je vous plante le décor : Nous sommes samedi après-midi. Nous arrivons vers 16h00. A peine descendues de notre véhicule une blonde se précipite vers nous : « Vous êtes l’enterrement de vie de jeune fille ? » Les tee-shirts à l’inscription « enterrement de vie de célibataire » nous auraient-ils trahi ?
« Suivez-moi ! » Là, tout va très vite, nous n’avons pas bien le temps de réfléchir. En chemin je regarde mes pieds. Tiens ils ont quelque chose de différent de ceux de mes copines… Ah oui, les leurs arborent des baskets de compet’ alors que les miens sont seulement vêtus de petites tennis. Je ne m’en formalise pas plus que ça, après tout je vais mourir dans quelques minutes. Je ne sais pas encore si ça sera de gêne parce que le baudrier n’est vraiment pas ce qui me met le plus en valeur, de honte parce que je vais peut-être faire pipi dans ma culotte tellement je suis terrorisée ou bien parce que je vais faire une chute mortelle (là je ferai la une des journaux mais je laisserai derrière moi trois malheureux orphelins).
Le gars de l’accueil nous dit : « Si vous avez un souci, vous criez très fort « Hugo » !« . Je place ce prénom au centre de mon cerveau tout en espérant ne pas avoir besoin de le hurler.
Nous commençons par un petit parcours d’initiation, quasiment au ras du sol. Il se déroule sans encombre. Je vois Emilie, super enthousiaste, et son sourire me réchauffe le cœur !
Allez, c’est parti pour la véritable aventure ! Pour ceux qui ne connaissent pas, l’accrobranche c’est comme le ski : il y a des parcours verts, puis des bleus, des rouges et enfin des noirs. Moi je me dis que si j’arrive à terminer un vert sans que ma vessie me fasse de mauvaise blague, je serai déjà super fière de moi ! Nous nous élançons, Emilie en tête. Je suis avant-dernière. En bas, deux copines nous observent (l’une parce qu’elle est enceinte, l’autre parce qu’elle s’est fêlée une côte) et nous encouragent. Les premières nous disent que ça n’est pas si terrible et qu’on va réussir. Finalement, je suis surprise car, concentrée sur l’effort physique, le vide ne m’impressionne pas tant que d’habitude. Nous finissons notre premier parcours, j’ai les genoux qui tremblent mais je suis satisfaite.
Nous en enchaînons un deuxième du même niveau. Je gère mon stress, boostée par la bienveillance de mes amies et par l’allégresse d’Emilie (pari réussi, elle s’éclate !).
« Allez, on passe au bleu ! » crie la chef de bande quand nous finissons notre second circuit. Telle une brebis docile, je suis la troupe. Au pied de l’échelle qui mène à l’azur promis, je réalise ma folie. Là on monte d’un niveau au propre comme au figuré. Je me retourne vers Laetitia, ma copine de galère qui n’est pas beaucoup plus hardie que moi sur ce coup là. « Non mais d’habitude je ne monte même pas dans un grenier, je ne vais pas pouvoir faire ça. » « Allez, on sera contentes après ! » Je me laisse convaincre et j’entame mon ascension. Pendant que je monte péniblement l’échelle, j’entends les commentaires des autres. Je sens qu’elles ont du mal, les filles de la terre ferme habituellement si positives commencent à émettre des doutes quant à nos chances d’y parvenir. Je fais marche arrière. Une famille avec deux petites filles en profite pour s’engager. Je suis vraiment vexée de voir une gamine de 5 ans faire les doigts dans le nez ce à quoi je viens de renoncer ! Avec Laetitia nous allons au pied des arbres voir où les autres en sont. La sœur de la mariée doit s’accrocher à une sorte de liane et elle semble quelque peu tétanisée. Je me sens mal pour elle. Nous l’encourageons. Elle finit par se lancer avec succès. Laetitia me dit alors : « Il faut qu’on le fasse, ou nous le regretterons ! » « Je ne peux pas. Mais vas-y toi ! » « C’est nous deux sinon rien ! » Je ne sais pas quelle mouche me pique alors mais je remonte sur l’échelle de la torture. Je gravis péniblement les étapes. Chaque pas est à la fois un calvaire et une immense autosatisfaction. Nous atteignons une tyrolienne de 300 mètres qui semble annoncer la fin de mon supplice. Elle est haute et longue. Tellement longue qu’on ne voit même pas l’arrivée. Je décide d’en finir vite et je ne tergiverse pas longtemps avant de sauter dans le vide. Mais au bout du filin, la déception est immense : nous sommes loin d’avoir terminé le parcours ! Je continue un peu mais je commence sérieusement à faiblir (ça fait quand même trois heures que nous jouons les apprenties guenons !). J’aperçois des balançoires qui mettent mon moral à plat et subitement mon corps me dit non. Je me suis tellement dépassée avant que je ne peux plus, mes jambes (et ma tête aussi) refusent de me porter plus loin. Manue qui est en bas propose alors d’aller chercher le beau Hugo pour me sauver. Il arrive tel un héros (je vois presque un halo de lumière l’entourer). Il sort une corde de sa poche et me dit qu’il va falloir descendre en rappel. Je m’en fiche, je veux juste retrouver la terre ferme, je crois que je pourrais sauter si on me le disait. Je n’ai qu’un tout petit peu honte et je ne suis même pas frustrée. J’ai donné le maximum et bien plus encore, je suis montée à 6 mètres de hauteur et j’ai souvent gardé le sourire (photos à l’appui).
Mes amies sont les meilleures du monde. Il y a eu une cohésion de groupe formidable, un coaching d’enfer, des supporters du tonnerre, de l’émotion (Françoise qui, restée au sol, versa sa larme émue de ce que j’accomplissais par amitié – non les hormones de grossesse n’y sont pour rien !). J’ai accompli ce que je pensais impossible, d’y repenser me donne des ailes et cerise sur le gâteau : la future mariée était ravie !

Accrobranche

ps : Merci à vous qui avez eu le courage la patience de me lire jusqu’au bout ! Je sais combien mon récit était long mais l’exploit en valait la chandelle !

Rendez-vous sur Hellocoton !