Après la pluie le beau temps

Il y a quelques temps de cela, je me suis enfin décidée à prendre des rendez-vous pour tenter de renégocier notre prêt immobilier.
Môman me poussait à le faire depuis plusieurs mois mais ma situation ne m’encourageait pas vraiment. Et puis, l’autre jour, ça m’a prise d’un coup et je me suis dit : « Après tout, qui ne tente rien n’a rien ! ».
J’ai d’abord téléphoné à un courtier qui m’a confirmé que ça risquait d’être difficile mais que ça valait le coup que l’on se rencontre quand même. Ensuite je me suis dirigée vers ma banquière, celle qui a l’air sympathique mais qui, avec son air trop mielleux, ne m’inspire pas les meilleurs sentiments. J’appréhendais beaucoup la première rencontre, je m’imaginais face à un homme en costume trois pièces avec le regard plein de dédain. Finalement il n’en a rien été. Nous avons été reçus par quelqu’un d’abordable, ne nous laissant pas beaucoup d’espoir quant au rachat de notre crédit par une autre banque mais prenant le temps de nous expliquer les choses. Vendredi après-midi, notre entrevue avec la banquière est arrivée et, contre toute attente, c’est pleine d’espoir que j’y suis allée. Mon enthousiasme a été de courte durée, le couperet est une nouvelle fois tombé : pas de C.D.I. pas de renégociation. Je me suis revue lors de ma convocation préalable à mon licenciement : assommée, penaude sur ma chaise à écouter le P.D.G. me dire que ça ne changerait absolument rien pour moi. A l’époque déjà, j’étais ressortie pleine de rage, d’abord après moi-même parce que je l’avais écouté énoncer ces inepties l’une après l’autre sans broncher (et aussi après lui qui me virait alors que je ne lui coûtait rien puisque j’étais en congé parental). Je ne sais pas si j’étais encore sous le choc de l’annonce, si j’étais intimidée, si j’avais peur de craquer et de lui sauter au visage ou alors si je suis profondément idiote… (Un petit peu de tout ça peut-être ?) Toujours est-il que Miss Mielleuse m’a renvoyée direct à ce moment là et m’a rappelée que la crise économique ne s’était pas arrêtée à la porte de chez moi.
Sam Chéri, qui partait nettement moins confiant que moi, a pris la chose avec philosophie mais mon moral à moi s’est effondré à la sortie. Je me suis rappelée pourquoi je ne voulais pas prendre ces rendez-vous ; je ne voulais pas me souvenir de tout ça.

Samedi midi, nous avions invité un couple d’amis à venir déjeuner à la maison.
Eux aussi ont osé donné naissance à trois enfants dans ce monde de fous. Les moyens (qui ont entre 4 et  7 ans) ont mangé puis sont sortis jouer dehors, les petits (9 et 15 mois) ont mangé et sont allés faire la sieste. Les grands (âgés d’une trentaine d’année) ont profité pleinement de leur repas (leur progéniture ayant décidé de laisser les parents passer un moment tranquille). On a trinqué, on a savouré, on a pris le temps, on s’est retrouvés.
A la fin de l’après-midi, les papas ont joué aux fléchettes (parce qu’il faisait trop chaud pour sortir), les mamans ont emmené les moyens se balader (parce qu’il faisait trop chaud pour ne pas en profiter). Nous sommes allés au bord de la rivière qui coule en bas de chez nous ; Zoé a couru, T. a chanté « Un kilomètre à pieds… », E. s’est piqué à des orties et n’a presque pas pleuré et Emma a oublié qu’elle n’aimait pas marcher. Un âne est venu nous dire bonjour, les enfants ont couru sur le pont, on a discuté, on a apprécié.
En rentrant nous avons donné le bain aux petits. On a ri en pensant aux têtes qu’ils feraient d’ici une quinzaine d’années quand ont leur montrerait les photos. Les moyens ont dîné, pris leur douche et se sont installés devant le DVD de Kuzco. Les parents ont re-trinqué, re-savouré…
Vers 22h30 tout le monde s’est mis en route pour le village voisin où le feu d’artifice de la fête nationale avait pris un peu d’avance. Les bébés en écharpes et les moyens sautillant, nous sommes arrivés dans un cadre de verdure où nous avons pris possession d’une table de pique-nique. Zoé a eu la jolie surprise de retrouver sa copine d’école qui est restée avec elle. Nous avons attendu la nuit noire, avec un peu d’appréhension… guettant les réactions des tout-petits. Enfin le premier feu a été tiré. Nino s’est un peu raidi. Je l’ai senti inquiet tout au long du spectacle mais j’ai collé ma joue contre la sienne et je lui ai parlé sans discontinuer. J’en ai profité, je me suis régalée de cette proximité, j’ai aimé le rassurer. J’ai jeté un œil aux regards émerveillés des moyens.
Cet instant a été magique, cette journée a été magique… Miss Mielleuse et sa clique de banquiers qui ne prêtent qu’aux riches sont bien loin maintenant…

Feu d'artifice

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2 réflexions sur “Après la pluie le beau temps

  1. J’aime beaucoup ta façon de profiter des petits bonheurs de la vie et de ne pas (trop?) t’en faire pour le reste ! La situation n’est pas très drôle c’est sûr et je ne suis pas à ta place, c’est sûr aussi, mais je crois que ce serait quand même dommage de ne pas profiter de ces jolis moments, qui ne coûtent rien au final, mais qui sont d’une valeur immense 🙂 Bonne semaine à toi et aux tiens !

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