Celle qui aurait dû choisir le drive

C’est l’histoire d’une fille qui était mal organisée.

Mademoiselle GOURDE avait invité ses amis chez elle le week-end suivant.
Comme d’habitude, elle avait eu du mal à définir un menu.
Le mardi d’avant elle était allée à « la grande ville », faire son petit tour à Cultura. Elle avait regardé les moules à cupcakes en papier mais elle ne les avait pas trouvé tip top (l’expression est un brin aléatoire mais elle exprime son sentiment à l’instant T) alors elle avait décidé de ne rien prendre.
Le mercredi soir, Mademoiselle GOURDE décida finalement qu’elle tenterait de faire ferait des cupcakes à ses convives. Elle regarda mollement ses huit moules en silicone et finit par convenir qu’ils ne lui suffiraient pas pour faire sa trentaine de gâteaux.
Elle dut se résoudre à retourner à la grande ville le jeudi matin (en se reprochant de faire une soixantaine de kilomètres aller-retour pour de misérables moules ; au prix de l’essence l’opération ne se révélait pas des plus économiques).
Elle en profita pour aller acheter un peu de vaisselle jetable et elle se rendit compte qu’il lui fallait accélérer le mouvement pour avoir le temps de faire ses courses avant de récupérer sa fille à l’école (son autre fille ayant décidé de manger à la cantine sous prétexte de Nouvel An Chinois).
Elle arriva au supermarché et constata que, comme d’habitude, toutes les places de parking normalement réservées aux « jeune[s] maman[s] » avaient été prises d’assaut par les retraités.
Quand elle entra enfin dans le magasin, elle regarda l’heure sur son téléphone et se rassura en se disant que finalement elle « [était] large niveau timing« .
Son humeur commença à se dégrader lorsqu’elle se mit en quête d’une petite culotte (so glam’  d’acheter ses sous-vêtements en grande surface). Celle qu’elle repéra se trouvait évidemment hors de sa portée. Du haut de son mètre 55, elle tenta une escalade de l’étalage mais son ascension fut stoppée par 3 boxers qui lui tombèrent sur la tête. Elle sentit ses joues rosir et décida d’abandonner là toute nouvelle tentative.
Deux rayons plus tard, elle eut l’impression que le sort s’acharnait lorsqu’elle constata que les glaces qu’elle convoitait (des cônes aux Smarties) se trouvait à nouveau au sommet du rayon. Elle pesta, scruta autour d’elle et n’aperçut que deux petites mamies aux dos courbés. Elle n’eut d’autre solution que de rechercher une grande employée et de la poursuivre pour la supplier de l’aider. Après de nombreux remerciements (qui étouffèrent sa colère contre « ce monde de grands qui ne pensent jamais aux petits« ), elle poursuivit ses achats.
Au rayon crèmerie, après avoir posé ses deux packs de lait dans son chariot, la panique commença à s’emparer d’elle quand elle s’aperçut qu’elle aurait du mal à trouver de la place pour ses produits suivants. Elle se débrouilla tant bien que mal pour terminer, sortant frénétiquement son téléphone de son sac à main toutes les deux minutes pour vérifier qu’elle arriverait à temps à la maternelle. C’en était si pénible qu’elle se demanda pourquoi elle n’avait pas mis de montre. Après réflexion elle se dit que c’était sans doute parce qu’elle n’en portait jamais.
Elle arriva à la caisse et commença à transpirer. L’hôtesse passait les articles à vive allure et Mademoiselle GOURDE tentait maladroitement de suivre le rythme. Entre les lardons et le Reblochon (devinez ce que ses invités vont manger !), elle leva un œil et aperçut une affichette stipulant que la direction refusait les chèques d’un montant supérieur à 200 euros. Au fond d’elle (et parce que c’est une gestionnaire dans l’âme), elle savait bien qu’elle en avait pour plus cher que ça. Elle savait aussi qu’elle n’avait pas de carte bancaire sur elle. Ses joues étaient en feu et elle ne savait plus si c’était dû à la cadence folle imposée par la caissière ou si c’était à l’idée du scandale qu’elle piquerait si on ne la laissait pas sortir avec ses maudites courses. Après avoir déchargé, elle recommença dans l’autre sens en essayant toujours d’être la plus rapide possible. Elle avait l’impression de faire les olympiades de la presque jeune ménagère.
Et là ce fut le drame ! Il restait encore 10 kilos de pommes de terre, 2 filets d’oignons et trois bouteilles de bulles sur le tapis et… son caddie débordait tellement de tous les côtés qu’elle avait même failli assommer son fils de 21 mois à plusieurs reprises. Elle enfourna le tout dans un sac qu’elle posa par terre en se disant qu’elle règlerait ce problème après.
« Ca fera 297,17 euros s’il vous plaît !
 » Elle répondit timidement à son interlocutrice (avec un regard supplicateur) de prendre ce qu’il y avait sur sa carte de fidélité (soit 81 euros et des bananes) puis elle attendit fébrilement le verdict. Quel ne fut pas son soulagement quand on lui demanda seulement deux pièces d’identité ! L’hôtesse lui sourit en lui tendant le ticket de caisse : « Ca sera mon plus long de la semaine !« . « Oui on ne fait pas tous les jours à manger pour 20 ! » pleurnicha Mademoiselle GOURDE.
Bien vite les ennuis refirent surface : le cabas resté au sol se rappela à son bon souvenir lorsqu’elle buta contre lui. Sur la surface carrelée, pousser son chariot (ultra plein je vous rappelle) d’une main et porter ses quinze kilos de l’autre lui parut plus aisé qu’au premier abord. Elle déchanta au premier pas sur le bitume ! Au bout de deux zigzags, elle hésita même à abandonner les tubercules et les bulles au milieu des voitures.
Arrivée à son véhicule, elle était aussi rouge que son tee-shirt mais plus heureuse que jamais d’être vivante (car oui elle avait cru mourir au milieu des allées). Elle déprimait silencieusement au moment où elle s’empara de son petit garçon pour le mettre dans son siège-auto. « C’est étrange » s’étonna-t-elle, « son jean est tout mouillé« . La fuite ! La vraie ! Celle qui arrive au moment le plus propice de la journée !
Je vous épargnerai les détails de la suite des mésaventures de Mademoiselle GOURDE.
Pour résumer il y eut une boîte de Saint Môret explosée, un déjeuner pris seulement à 14h15, la mort d’une paire de bottes et de la sueur (beaucoup de sueur).

Bon… je vais peut-être aller me doucher moi !

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9 réflexions sur “Celle qui aurait dû choisir le drive

  1. Pingback: Ce que j’ai aimé (ou pas) … la semaine dernière (petits bonheurs inside) # 3 | Papa bricole et Maman blogue

  2. Bonne tartiflette et bon courage parce qu après tu as du ranger toutes les courses et que la il va falloir encore faire a manger mais bon vous allez passes un chouette moment tous ensemble je pense;)

  3. Tu me fais penser que je dois faire les grosses courses de la semaine cette après-midi avec ma fille de 2 ans. Le problème c’est qu’elle ne pas rester dans le caddie…Ça promet !

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