La compétition*

* Je n’aime pas ce mot et ce qu’il représente… COMPETITION. D’où vient ce besoin de se mesurer aux autres ? Doit-on à tout prix être LE meilleur ?

Zoé fait de la gymnastique depuis deux ans dans le club du village voisin. A l’origine, elle voulait faire de la danse, mais aucun groupe n’était ouvert aux moins de 6 ans.

Ma fille n’est pas une grande sportive. Dès la petite section, ses seuls points rouges étaient en motricité. Mais l’année dernière, au bout de quelques mois à « gymner », son institutrice nous à dit constater de réels progrès.
Au mois de juin, elle a participé à une compétition interne où chaque participant est reparti avec une médaille, la joie quoi.

Il y a deux mois, sa monitrice nous a averti d’une prochaine compétition, inter-clubs cette fois-ci. J’ai tout de suite expliqué à Zoé qu’elle reviendrait bredouille et qu’elle n’était pas obligée d’y aller. Elle n’ a eu aucune hésitation, elle serait bien présente.

C’était dimanche dernier. Il faisait beau et la perspective de rester enfermés tout l’après-midi ne nous enchantait guère.
Nous avons déposée Zoé à 14h30 pour l’entraînement ; nous devions la rejoindre une heure plus tard.
GymA 15h15, quand nous sommes entrés dans le gymnase, le public était déjà installé mais les festivités n’avaient pas commencé. Les filles en étaient encore aux essais. J’ai scruté les praticables et j’ai enfin trouvé ma Zoé. Elle était bloquée sur les barres asymétriques, tétanisée par la peur. Je l’ai entendue pousser un petit cri et je l’ai vue pleurer. J’ai aperçu les jeunes aide-monitrice qui tentaient de la rassurer mais mon coeur de maman s’est serré. J’ai eu envie de courir la rejoindre, la prendre dans mes bras et la consoler. Rappelée à l’ordre par Sam Chéri, j’ai ravalé mon côté chamallow.
Nous avons pris place sur les gradins.
Après les barres de la torture, ma fille s’est dirigée vers la poutre. Nous avons assisté à la même scène que la précédente. Zoé a le vertige et je l’ai vue se raidir et se bloquer. J’ai senti les larmes me monter au yeux et ma gorge se nouer. La compétition n’était pas commencée et déjà j’avais envie de m’en aller.

Enfin la présidente du club a lancé le coup d’envoi. Le concours a démarré dans un silence de plomb (pas très fun comme ambiance).
Bizarrement, Zoé ne paraissait pas vraiment stressée alors que de mon côté l’ulcère guettait.
Pour son enchaînement au sol, ma miss a géré. Par contre aux agrès, j’ai dû me retenir de pas m’effondrer en la regardant.
Je revivais mes années collège avec la terrible Mauricette toujours en jogging mais pas plus sportive que ma grand-mère et qui nous insultait (nous les nuls) pendant toute la durée de son cours. J’étais envahie par la culpabilité. Lui avais-je transmis le gène de l’anti-sport ?

Et puis, en l’observant, j’ai finalement été remplie de fierté.
Sur la poutre j’aurais vacillé ; elle, malgré ses difficultés, elle a fait face. De la voir si forte, combattant sa peur m’a scotchée. Elle a pris sur elle et s’est dépassée (moi j’ai mis 30 ans avant d’en arriver là). Ma fille cette championne.

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11 réflexions sur “La compétition*

  1. Oh je suis toute émue en lisant ton billet. Tellement d’amour, tant de fierté dans tes mots ! Comme je sais à quel point notre coeur se serre devant l’angoisse de son enfant, comme on aimerait se précipiter pour la consoler. Mais il est tellement plus important pour eux de nous voir confiants, sûrs d’eux. Ici, ma Championne à moi multiplie les compétitions, ne maîtrise absolument pas le vil sentiment d’échec quand son équipe ne finit pas dans les hauteurs du classement. Mais j’ai appris, match après match, à serrer les dents, à me contenter d’être à ses côtés coûte que coûte, juste là pour elle, ma petite championne.
    Merci pour ce beau moment d’amour 🙂

  2. Bonjour Marie .

    Je lis tous tes messages,des fois tu me fais rire ,d’autres fois j’ai les larmes aux yeux ,pour la musique on n’a pas le mme ge donc forcment pas les mme rfrences .Continue crire , beaucoup de personnes se reconnaissent dans tes messages et partagent les mmes peurs .En lisant ton article ,je reviens 30 ans en arrire avec ma fille.Mais tu as raison ,l’important c’est qu’elles apprennent le dpassement de soi et que dans la vie il y a des russites et parfois des checs ,mais l’important c’est d’avancer.Ma fille a aujourd’hui 37 ans et 3 enfants ,elle est prof et lve ses enfants comme je l’ai lev .Ta fille est une championne mais toi aussi car tu n’as pas couru pour l’enlever de la comptition ,tu as matris tes angoisses .Tu leurs montes l’exemple ,beaucoup d’enfants aimeraient avoir une mre comme toi .Marie tu es une championne et tu me fais beaucoup rire,merci. Date: Thu, 20 Mar 2014 07:09:53 +0000 To: joellebeuron@hotmail.fr

  3. Oh je déteste la compétition aussi… j etais plus que nulle en sport, j aurais tout fait pour louper les cours, alors je te comprends à 1000 %…
    C’est super de l’avoir inscrite. Même si elle ne sera peut être pas une championne, tu lui eviteras de faire le meme scenario que toi (que nous, en fait)! 🙂

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