Adieu congé parental je t’aimais bien

Lettre congé parentalVoilà ce que je pourrai dire dans quatre jours.
Quatre petits jours nom d’un chien !
Je me sens complètement en panique à l’approche de cette nouvelle vie. Je suis envahie de questions, de doutes.

Il y a 7 ans et demi, quand Zoé est née, j’ai choisi de prendre mon congé parental à temps partiel. Un  jour par semaine, je ne prenais pas le chemin du travail pour profiter pleinement de ce bébé tout juste arrivé. Un jour par semaine je n’avais pas l’impression de rater quelque chose, je ne ressentais pas le manque de ses joues roses et de ses mains potelées. Les six mois de ce congé ont passé à une vitesse folle et je n’ai pas pu me résoudre à abandonner ce privilège. Après discussion avec Sam Chéri (et calculs financiers), j’ai convaincu mon employeur de m’autoriser à continuer sur ce rythme ! Quelques dizaines d’euros en moins pour des minutes de bonheur supplémentaires.
Quand Emma est née un an plus tard, la décision a vite été prise de ne plus mettre les pieds à l’usine du tout.
Nino est venu agrandir notre tribu le 06 avril 2012, je ne me suis posée aucune question, j’ai demandé à rester en congé parental, mon boss a accepté.

J’ai dû oublier la nullipare que j’étais et qui jurait qu’elle ne comprenait pas qu’on puisse rester à la maison moucher des nez et essuyer des fesses toute la journée. (Cette même nullipare avait sans doute en tête un métier passionnant…)
Une amie m’avait dit : « Le congé parental c’est sympa mais pas plus d’un an. Après on s’ennuie ! ». On doit être différentes elle et moi. 

Déjà 6 ans que je passe mon temps à moucher des nez et essuyer des fesses mais aussi à jouer, faire des puzzles, écouter les récits des matinées d’école, surveiller les devoirs, prendre le goûter…
J’aime ma vie telle qu’elle est (même si je comprends parfaitement qu’on aspire à autre chose) et je n’ai pas envie qu’elle change.
Enfin pas tout de suite.

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La journée arc-en-ciel

Depuis quelques semaines, nous traversons une zone de turbulences à la maison.
Emma est à nouveau en crise.
On a beau savoir que c’est cyclique et que ça ne dure pas, c’est difficile à vivre pour tout le monde. Pour peu que je sois fatiguée, je n’ai aucune patience et ma tolérance est proche du niveau 0. Et ces jours là, l’ambiance est terrible à la maison, les cris se mêlent aux pleurs et mon cœur de maman se brise.
A ce sujet Coralie a posé des mots tellement justes dans son Constat d’échec que je vous invite à les lire. Ses mots ont résonné en moi comme si elle les avait écrit à ma place (nous sommes donc plusieurs à ne pas aimer la maman que nous sommes).

Samedi soir, ma blondinette a été particulièrement dure et, au lieu de garder mon calme et de me raisonner, j’ai été dure à mon tour. Je lui ai dit des mots méchants, des mots que je ne pensais pas mais qui sont quand même sortis de ma bouche. Moi l’adulte, je me suis muée en petite fille capricieuse répliquant aux caprices d’une autre.
Dans ces moments là, je crois que ce qui me met le plus en colère contre Emma c’est ce que je ME reproche. Je lui en veux de tant me ressembler. Pourtant elle n’y est pour rien, tout ça n’est qu’une histoire de gènes. Je crois que la clé serait que j’arrive à dompter mon propre caractère pour mieux la comprendre (merci Docteur Freud aka moi-même !).

Dimanche, nous sommes allés voter en marchant et la demoiselle a été odieuse pendant la ballade. Je me suis éloignée avec Nino et Zoé et j’ai laissé Sam Chéri gérer, ça m’a donné un peu d’air. En rentrant à la maison, nous avons décidé de faire fi de son humeur et le reste de la journée s’est mieux passé.

Et puis hier enfin elle est arrivée. LA JOURNEE ARC-EN-CIEL, celle qui fait basculer notre quotidien de l’autre côté, celle qui nous met du soleil dans la tête, des étoiles dans les yeux et des couleurs plein le cœur. La journée où tout se passe bien, où Emma se maîtrise et où les rires remplacent les larmes. La journée bonheur où on rentre de l’école à pieds et où notre chemin de campagne fleure bon la liberté.
Oh bien sûr on sent que cet équilibre est fragile et qu’une toute petite étincelle pourrait facilement déclencher une nouvelle bataille ; mais cette journée elle m’a fait un bien fou, elle m’a reboostée et c’est tout ce qui compte pour l’instant.

Journée arc-en-ciel

Le marchand de sable est fâché avec mon fils

SommeilAvant Nino dormait vraiment bien.
Avant quoi ? Alors là, vous me posez une colle ! Tout a changé du jour au lendemain sans que l’on trouve d’explication ; j’en viens même à me demander si nous n’avons pas été maraboutés…

Aujourd’hui, et ce depuis quelques mois déjà, c’est comme Capri (pour les jeunes vous rechercherez du côté d’Hervé Vilard). A peine couché, mon petit garçon se relève.
Parfois il se contente de se poster en haut de l’escalier et nous écoute (jusqu’au moment où nous détectons sa présence par un grincement de palier). D’autres fois, il décide d’aller s’occuper dans la salle de bain (où il a de multiples jeux tels que le robinet, mon flacon de parfum ou encore la chasse d’eau). Hier soir il a varié son programme en allant rendre visite à ses soeurs qui dormaient déjà. Bref, nous le couchons, descendons et savons que nous serons irrémédiablement amenés à remonter dans les 3 minutes suivantes et que nous répéterons l’opération moult fois dans la soirée.
Le cirque est le même à la sieste (que nous avons essayé de supprimer sans succès). Il lui est même arrivé de se relever en plein milieu de la nuit (c’est encore rare heureusement). Quant au matin, adieu ma tranquillité : cet enfant se lève aux aurores !

Pour remédier au problème, nous avons expérimenté plusieurs méthodes : la douceur (il rit), la diplomatie (il rit), la sévérité (il rit), l’ignorance (il finit par s’endormir sur le palier, à même le sol, au bout de deux heures et demie seulement). Je suis désespérée !
Et vous savez le pire ? C’est qu’à chaque fois que je le récupère à la halte-garderie les puéricultrices me disent : « Qu’est-ce qu’il a bien dormi ! »

C’était ma complainte de maman en colère contre le marchand de sable qui a du changer sa tournée.

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Bien(trop)tôt

Nino, mon tout petit, d’ici quelques jours tu souffleras ta deuxième bougie.

J’aimerais suspendre le temps quelques instants. Nicher mon nez au creux de ton cou (là où tu es le plus chatouilleux) et t’entendre rire aux éclats (de ce rire si particulier qui me semble être celui d’un bébé alors que tu n’en es plus vraiment un). Je voudrais tenir ta petite main potelée dans la mienne pour l’éternité. Te voir encore et encore te cacher le visage avec tes mains  juste pour m’entendre demander où tu es passé (en fait je te vois tu sais !).
Mais bientôt, tes doigts se seront affinés, tu me donneras encore la main mais tu la lâcheras bien vite au portail de l’école. Bientôt tu iras au collège et tu ne jetteras même plus un regard vers moi. Bientôt ton père et moi chargerons nos bras de cartons pour t’aider à emménager dans ton petit studio. Bientôt je deviendrai grand-mère (peut-être pas tout de suite mais…).
En attendant, j’essaye de graver chaque moment de ton existence dans ma mémoire.
Tu auras bientôt 2 ans et :

  • tu ne prononces que très peu de mots mais je te sais capable de bien plus.
  • tu comprends tout.
  • tu es volontaire et appliqué.
  • tu dors dans ton grand lit depuis trois jours.
  • ton désordre ne te dérange pas mais tu as du mal à supporter le nôtre.
  • tu es plein de mimiques toutes plus expressives les unes que les autres.
  • tu n’es pas câlin (hormis avec le chat et ton doudou que tu couvres de « vrais » bisous).
  • tu es bon public (tu ris à toutes les blagues, même les plus douteuses).
  • tu n’es pas prêteur (mais on y travaille).
  • tu voues une admiration sans bornes à tes sœurs.
  • tu aimes le jus de pommes, les craquinettes à la framboise et les flans au caramel.
  • tu es plutôt bonne pâte.
  • tu te déguises parfois en coccinelle avec la robe d’Emma.
  • tu as fait ton premier pipi sur le pot avant-hier et je me suis extasiée (parce que c’est aussi ça être maman).
  • tu es passionné par les livres.
  • tu utilises beaucoup d’onomatopées (« wouah« , « roh« , »et « oh là là » sont notre lot quotidien).
  • tu ris beaucoup.

Deux ans

Tu auras bientôt 2 ans et tu sera toujours mon petit bonhomme.

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Pourquoi disent-ils « Maman » 390 fois par jour ? #EnquêteImpossible

Aujourd’hui mon Enquête Impossible pour Amélie Epicétout porte sur le nombre incalculable de fois où nos enfants nous appellent dans la journée.

LES FAITS :

Avec des paramètres variables tels que :

  • la fréquence (qui peut tout de même atteindre la cadence d’une fois toutes les 10 secondes)
  • le volume sonore (attention les décibels peuvent monter très haut, surtout en cas de conflit fraternel)
  • l’intonation (elle peut être mielleuse, boudeuse, supplicatrice…)

immanquablement nos adorables bambins hurlent susurrent « Maman » (ou « Papa » à adapter selon votre situation) à nos oreilles à longueur de jour.

Ils veulent un jeu coincé sous un meuble ? « Maman ! »
Ils ont fini de faire caca ? « Maman ! »
Leur sœur leur a arraché une barbie des mains ? « Maman ! »
Et n’oublions pas le fameux : « Maman ! » « Oui quoi ? » « Non rien !’ (un vrai régal celui-ci).

MES HYPOTHESES :

  • Ils s’assurent de notre disponibilité à toute épreuve (un « Maman » et toute activité parallèle s’arrête).
  • Ils ont peur qu’on oublie notre identité (My name is Maman).
  • Ils veulent nous faire plaisir (ils n’ont pas oublié nos visages penchés sur leur transats « Dis Maman ! Ma-man ! »).
  • Ils vérifient le plus souvent possible que nous n’avons pas été aspiré(e) par une faille spatio-temporelle.
  • Ils veulent nous rendre fou/folle (oui c’est diabolique).

LES SOLUTIONS :

Une majorité de papas semble avoir testé et approuvé l’ignorance (autrement appelée « je suis devant la télé et je ne t’entends pas ») mais il semblerait que ce remède soit beaucoup moins efficace sur les mamans.

MA CONSOLATION :

C’est PARFOIS le plus doux des mots.

Les enquêtes impossibles

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La compétition*

* Je n’aime pas ce mot et ce qu’il représente… COMPETITION. D’où vient ce besoin de se mesurer aux autres ? Doit-on à tout prix être LE meilleur ?

Zoé fait de la gymnastique depuis deux ans dans le club du village voisin. A l’origine, elle voulait faire de la danse, mais aucun groupe n’était ouvert aux moins de 6 ans.

Ma fille n’est pas une grande sportive. Dès la petite section, ses seuls points rouges étaient en motricité. Mais l’année dernière, au bout de quelques mois à « gymner », son institutrice nous à dit constater de réels progrès.
Au mois de juin, elle a participé à une compétition interne où chaque participant est reparti avec une médaille, la joie quoi.

Il y a deux mois, sa monitrice nous a averti d’une prochaine compétition, inter-clubs cette fois-ci. J’ai tout de suite expliqué à Zoé qu’elle reviendrait bredouille et qu’elle n’était pas obligée d’y aller. Elle n’ a eu aucune hésitation, elle serait bien présente.

C’était dimanche dernier. Il faisait beau et la perspective de rester enfermés tout l’après-midi ne nous enchantait guère.
Nous avons déposée Zoé à 14h30 pour l’entraînement ; nous devions la rejoindre une heure plus tard.
GymA 15h15, quand nous sommes entrés dans le gymnase, le public était déjà installé mais les festivités n’avaient pas commencé. Les filles en étaient encore aux essais. J’ai scruté les praticables et j’ai enfin trouvé ma Zoé. Elle était bloquée sur les barres asymétriques, tétanisée par la peur. Je l’ai entendue pousser un petit cri et je l’ai vue pleurer. J’ai aperçu les jeunes aide-monitrice qui tentaient de la rassurer mais mon coeur de maman s’est serré. J’ai eu envie de courir la rejoindre, la prendre dans mes bras et la consoler. Rappelée à l’ordre par Sam Chéri, j’ai ravalé mon côté chamallow.
Nous avons pris place sur les gradins.
Après les barres de la torture, ma fille s’est dirigée vers la poutre. Nous avons assisté à la même scène que la précédente. Zoé a le vertige et je l’ai vue se raidir et se bloquer. J’ai senti les larmes me monter au yeux et ma gorge se nouer. La compétition n’était pas commencée et déjà j’avais envie de m’en aller.

Enfin la présidente du club a lancé le coup d’envoi. Le concours a démarré dans un silence de plomb (pas très fun comme ambiance).
Bizarrement, Zoé ne paraissait pas vraiment stressée alors que de mon côté l’ulcère guettait.
Pour son enchaînement au sol, ma miss a géré. Par contre aux agrès, j’ai dû me retenir de pas m’effondrer en la regardant.
Je revivais mes années collège avec la terrible Mauricette toujours en jogging mais pas plus sportive que ma grand-mère et qui nous insultait (nous les nuls) pendant toute la durée de son cours. J’étais envahie par la culpabilité. Lui avais-je transmis le gène de l’anti-sport ?

Et puis, en l’observant, j’ai finalement été remplie de fierté.
Sur la poutre j’aurais vacillé ; elle, malgré ses difficultés, elle a fait face. De la voir si forte, combattant sa peur m’a scotchée. Elle a pris sur elle et s’est dépassée (moi j’ai mis 30 ans avant d’en arriver là). Ma fille cette championne.

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Un mercredi dans mon taxi

TaxiIl y a quelques mois, notre petite Clio (la voiture, pas une fillette avec un prénom ridicule) a rendu l’âme. Habitant à Cambrousse City il a fallu la remplacer assez rapidement (une trentaine de kilomètres pour aller bosser, Sam Chéri n’a pas choisi l’option bicyclette).
Nous avons acheté une 7 places. Ca faisait un petit moment qu’on en parlait et l’occasion s’est présentée.

Mais qui dit familiale sous-entend aussi devenir taxi (pas besoin d’acheter la licence, c’est gratuit !).

Le mercredi matin c’est gym pour Emma et le mercredi après-midi c’est gym pour Zoé. Evidemment le club n’est pas à PETITE BOURGADE (ça serait trop facile !), il est situé à une dizaine de kilomètres de chez nous.
Bien entendu, lorsque nos enfants font du sport, on ne se la joue pas perso et on tente de s’organiser au mieux pour les tours. Alors on remplit les véhicules.

Donc le matin ça donne : 2 enfants de 6 ans dans le coffre (enfin pas vraiment dans le coffre hein), mon Nino (bientôt 2 ans), une petite fille et Emma (toutes les deux en moyenne section) à l’arrière et ma grande de 6 ans et demi à l’avant (si si c’est autorisé, j’ai vérifié). Si je pose tout ça sous forme d’addition je peux vous dire que : 6 enfants de moins de 7 ans + l’excitation de se retrouver = une maman bien fatiguée.
Mes conversations durant la trajet passent alors de « Ah ouais tu as eu ça à ton anniversaire ? C’est trop cool ! » à « On ne se détache pas !« , « Si tu la tapes elle ne voudra plus être ta copine » ou encore « Pas de gros mots dans ma voiture ! Ah bon il dit ça ton père ? Peut-être, mais pas dans ma voiture !« . Arrivés sur le parking de la salle de sports, tout le monde veut que je porte son réhausseur (sachant que j’ai déjà Nino dans les bras), je dois vérifier qu’aucun objet n’a été oublié dans mon super taxi (oui il est super, il y a des porte-gobelets dans les portières) et enfin il est impératif de veiller à ce que personne ne se mette à courir (« Attention de ne pas vous faire écraser !!!« ).
Bref, quand j’ai déposé toute cette marmaille je suis (parfois) exténuée.

L’après-midi il faut encore recommencer. Vis ma vie de MAF.
Le pire c’est que je me dis que bientôt le petit dernier s’y mettra sans doute lui aussi.

Mais voyons le côté positif des choses (c’est mon côté Lorie) : nous avons failli acheter un 9 places… et on ne l’a pas fait !

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